Zélid
danse et autres choses

Zélid

17 rue Étienne Dolet,
42000 Saint-Étienne
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Commentaires & extraits de presse


La Tribune 2007
La danse Hors Cadre
Par Nicole Dupain

Ten Years A.

Florence Girardon a dansé au Musée d'art moderne de Saint-Etienne s'inspirant de l'oeuvre de mémoire réalisée par Georg Baselitz dans les « Tableaux russes ».

Un dernier hommage dansé à Georg Baselitz au Musée d'art moderne, avant que ses oeuvres, présentées en première mondiale à Saint-Etienne, ne soient décrochées et ne partent faire le tour du monde. Un hommage dansé par Florence Girardon qui était accompagnée par Gilles Laval, à la guitare électrique. Dans la sobriété et le minimalisme de ce solo, la danse tentait de s'inscrire en résonance à la peinture du grand maître de l'expressionnisme.

Correspondance

Leur démarche s'inscrivait dans la reprise d'une pièce écrite il y a dix ans, d'après Marguerite Duras : Le ravissement de Lol V Stein. Tout comme Georg Baselitz dans ses « Tableaux russes », Florence Girardon a voulu la reprendre à partir de la mémoire qu'elle en avait. Et danser en estompant le trait, de dos pour effacer le visage et la tête en bas. Une danse où les mains prennent une signification singulière écrivant l'oeuvre dansée dans une calligraphie secrète, à l'instar des vibrations parfois très poussées mais jamais paroxystiques de la guitare électrique. Une danse aux gestes très décomposés, sans rapidité, en contraste à la pratique picturale de Georg Baselitz que l'on imagine très énergique et pleine de force, eu égard à la vigueur du trait, aux mouvements des corps. A l'issue de ce spectacle très court mais très intense, Florence Girardon confiait son plaisir à danser au Musée d'art moderne : « Il y a, disait-elle, une correspondance entre l'art contemporain et la danse. Les gens sont déjà dans l'abstraction par le regard qu'ils posent » Il est certain que la peinture et la danse sont deux pratiques qui donnent la primauté au geste. La première est éternelle. La deuxième ne dure que le temps du ballet. Et du souvenir que l'on en garde


L'Humanité 2007
Politiquement incorrect
Par Marie-Josée SIRACH

Tout est au possible dans le meilleur des mondes, mieux !

Cela tient du slogan post-soixante-huitard « Il est interdit d’interdire », passé au crible du détournement publicitaire - actuel tel « penser nuit grave ». Le titre de la pièce - résume à lui seul la volonté de son concepteur metteur en scène, en ondes et en espace, Philippe Vincent, de traquer jusque dans les moindres recoins la poussière qui encombrerait nos paresseux neurones. Soit sept cabines vitrées et insonorisées, sept acteurs, - autant de chaises, de masques et de seaux d’eau. Prisonniers dans cet espace étroit dont ils sortent à tour de rôle pour s’adresser au public, tous - monologuent depuis leurs - cabines. Sans appareillage, le spectateur n’entend rien. Il n’est que voyeur attentif de contorsionnement des bouches et des corps prisonniers. On peut assister au spectacle ainsi. C’est sans compter sur la technique - interventionniste, à défaut d’être situationniste, qui affuble chacun d’entre nous d’un casque, connecté à une console de sons qui nous renvoie dans les oreilles les paroles des acteurs. À l’arrivée, tous les spectateurs ont assisté au même spectacle. Aucun n’a entendu le même texte. Treize minutes pour convaincre, pour défaire, refaire l’histoire, s’ingérer dans l’arène politique jusqu’à l’indigestion. Philippe Vincent démonte la mécanique du show politique jusqu’à la vider de sa substantifique moelle. Les idées sont tournées, retournées jusqu’à s’évaporer dans l’air du temps. Il ne reste que les corps qui, dans une sublime danse de la séduction (les chorégraphies de Florence Girardon participent pertinemment de cette déconstruction), mettent à nu le logos des nouveaux dieux de la politique, où chacun s’offre au plus offrant. Une idée en chasse une autre, un corps en chasse un autre. Voilà un spectacle peu ordinaire qui mérite d’être apprécié à l’aune de cette tentative d’inventer un théâtre politique de notre temps. Nous n’en sommes qu’au balbutiement mais la démarche est intéressante, qui nous oblige à faire fi de nos certitudes. - Saluons l’ensemble des acteurs dont la performance permet de relever ce défi.


Commentaire écrit par Quentin Vernette en avril 2004

paysages_mondes [2]. Scène vide/lumière franche/acte quotidien/bande-son évocatrice. Florence Girardon plonge sa danse dans un monde nu où l'Homme, seule entité chorégraphique présente se gouverne à sa guise, c'est-à-dire selon ses besoins, ses souhaits, ses pratiques. Corps humain (danse) - espace : c'est le ton donné pour ce quatuor qui joue la mise en abyme de notre société. Quatre corps donc, dansant, mais qui chorégraphiquement n'existent que par leur relation obsessionnelle à l'objet. Acte banal finalement : ils le consomment. Consommation vitale : manger, boire. On consomme, on produit. Fumer, utiliser, jeter. On prend, on utilise, on délaisse. On prend, on recycle, on refile. Obnubilé par l'objet, par ce besoin de le consommer pour se l'approprier, le danseur transforme son rapport à l'altérité. Le corps humain devient corps-objet, autrui, objet de consommation, source de profit, d'intéressement personnel, d'assouvissement. Toute organisation devient vaine, toute construction chancelante, emmenée par la fougue d'un autre, défoncée par les limites d'un espace désormais réduit, d'un environnement désormais contraignant. La danse de paysages_mondes [2] est ainsi danse de chahut, le corps y est à la fois menacé et menaçant, piégé par son propre environnement. Les paysages créent des mondes, le  monde crée des paysages...et des corps (?)


Commentaire tiré du site www.avatarium.org en novembre 2002

Oligo-éléments ouvrait hier directement les hostilités et nous imprégnait d’emblée de chaosphonies. La pièce est une rencontre entre une danseuse et deux bidouilleurs de machine. Une rencontre déclinée sous la triptyque clé : Mouvement, Espace, Son. Des sculptures sonores de Jean-François B., du philtre analogique — modulateurs de fréquences de Bruno M. ou de la machine vivante qu’incarne Florence G., tous trois flirtent sans cesse et subtilement avec l’improvisation, la suggestion, la suspension. La pièce ainsi est toute en substance… Oligo-éléments ne fonctionne que par limite, contrainte, tension brute, force, extrémisme, radicalité, perte de contrôle, variation, fragilité, cassure, déchirure, détachement… confusion. Et c’est en cela qu’oligo-élément est véritablement chaophonie : une confusion générale des éléments, de la matière, du son… avant la création d’un monde, d’un univers.


Jean-Emmanuel DENAVE
Septembre 2002
Article paru sur le site www.sitartmag.com

Désir_s 1 de révolution

Légèrement de guingois, les yeux rivés vers la salle, la lèvre bougonne, Florence Girardon nous fait part de son désir de révolution ! Sans colère, sans éclats, sans fureur ni hystérie… Non, juste un désir de révolution, comme ça, lentement, d’ébauches insensibles en discrètes variations, dans une grande retenue.
On dirait… une adolescente en rupture de ban, avec ses désirs, revisitant la danse butô. Des poses mutines, le corps tout entier qui se met à faire la moue, des mouvements très lents, une main intempestive qui effectue une rotation de 90°, des gestes et des déplacements mis en boucle (revenir, inéluctablement, au centre de la scène par exemple)… Peu de choses en apparence mais la violence est là, tapie, en suspens. Le désir de révolution est perceptible. Pendant toute la durée de son solo, Florence Girardon maintient le public sous tension et sous son regard ambigu (entre innocence et provocation). En gommant exubérance, amplitude des mouvements et dépense physique, elle garde de la danse l’essentiel : magnétiser l’espace, le griffer, en bouleverser les repères habituels.


Les Saisons de la danse 2000
L’espoir des désespérés
Par Cécile Parisot

Dont actes. Ce qui était levée de temps se fait flottement. respire, au rythme des effleurements de peaux. Elle a ses assoupissements où se régénèrent des présences ajustées pour une autre création : elle n’est pas juxtaposition de spectacles ou mélange d’écritures. Florence Girardon a fragmenté chaque panneau et ouvert le lieu d’imbrication ou de non-imbrication de ces fragments — lieu de l’aventure de celui que rien ne protège et la prudence de celui qui écoute. Dont Actes.. a la fragilité d’un point tremblant à l’intersection de l’esthétique et de l’éthique. Elle prend le risque du chaos au profit du frémissement. Fragile espoir suspendu dans un désespoir latent.


Les Saisons de la danse 1999
Le voir pour le croire
Par Gallia Valette-Pilenko

Il s’agit d’un duo entre une jeune femme et une petite fille. L’une est danseuse, l’autre pas encore. Mirabile visu… On se demande vraiment ce que cela peut vouloir dire, tout ce qu’on sait, c’est que cette courte pièce entre dans le quatuor intitulé Dont Actes. et qu’il en est le dernier, acte. On peut se demander comment la chorégraphe va faire le lien entre chaque opus, très différent même si la gestuelle pourrait tisser un fil de soie entre eux. En tout cas, celui-là développe un univers singulier, constitué d’une gestuelle très économe, de décors plus que sobres et d’une scénographie d’écrans sur lesquels se déroulent des saynètes qui n’ont rien à voir avec ce qui se passe sur la scène. Comme des fenêtres qui ouvriraient sur le monde. Ce décalage fortifie le propos et montre l’influence des arts plastiques sur la chorégraphe stéphanoise. En fait, il s’agit d’un dialogue entre les deux personnages, qui tour à tour s’ignorent et se rencontrent. Tout cela fait naître des images poétiques et belles, comme ce bout de ciel nuageux ou ce minuscule bonhomme qui traverse la scène apportant un côté ludique et presque magique. À l’image de ce spectacle qui est comme une petite pépite et montre encore une fois que Florence Girardon a le pouvoir d’étonner et de transporter le spectateur. On en redemande.


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Réalisation S. Celotti avec CMS MadeSimple